Posté par : Karine Ermenier – Process Alimentaire – Rédactrice en chef adjointe

 01.02.2021

Plusieurs acteurs de l’agroalimentaire ont fait le choix de rejoindre le nouvel éco-organisme Léko pour payer tout ou partie de leurs éco-contributions au titre de la REP. Trois d’entre eux témoignent : Léa Nature, Kambly et Club-Mate France.

2021 sera l’année du recrutement pour Léko, le nouvel éco organisme agréé pour la REP emballages (responsabilité élargie du producteur) remis en selle en 2020. Plus de 80 acteurs ont déjà rejoint ce concurrent de Citeo, parmi lesquels des entreprises agroalimentaires comme Club-Mate France, présent au Conseil d’administration, Kambly et Compagnie Léa Nature. Trois entreprises aux profils totalement différents qui ont accepté de témoigner de leurs motivations. Elles ont, en commun, d’avoir adhéré à Léko pour encourager la concurrence sur ce marché jusque-là monopolistique. Mais à des degrés divers. 

Pour Kambly "il y a de la place pour tout le monde" 

Chez Kambly France, seule filiale étrangère de la société suisse familiale spécialisée dans les biscuits premium, toutes les éco-contributions redevables au titre de la REP Emballages 2021 seront payées à Léko. « Nous avons changé au 1er janvier 2021, confirme Arnaud Walter, contrôleur de gestion de Kambly France. Nous sommes persuadés que la mise en place d’une concurrence saine ne peut être que positive dans une perspective de recherche d’amélioration de l’existant. Même si nous reconnaissons que Citeo a fortement évolué ces dernières années, avec des services plus réactifs, des gens compétents. C’est allé dans le bon sens. Mais c’est intéressant d’ouvrir le marché, il y a de la place pour tout le monde».  Comme pour Léa Nature, la motivation de Kambly n’est pas pécuniaire car tous ont conscience que Léko n’a pas encore le recul nécessaire pour réinterroger les barèmes. Mais la filiale de l’entreprise suisse, qui emploie 40 personnes en France pour un chiffre d’affaires de 45 millions d'euros, espère gagner en simplicité sur ses déclarations. Ou tout au moins participer à cette simplification. 

Compagnie Léa Nature ventile ses éco contributions

Compagnie Léa Nature, par exemple, a fait le choix de ventiler ses éco-contributions entre les deux éco organismes. Deux de ses filiales, Laboratoire Léa Nature dans la cosmétologie et BPC-Kambio, spécialisée dans les produits traiteurs frais, rejoignent ainsi Léko. Tandis que les autres continuent à contractualiser avec Citeo. « L’idée n’est absolument pas de sanctionner Citeo avec qui nous continuons à travailler et envers qui nous sommes reconnaissants pour tout le travail accompli. Mais d’offrir sa chance à Léko, une petite structure qui se lance sur un marché monopolistique », explique Philippe Reutenauer, responsable des projets emballages écologiques de Léa Nature. L’esprit entrepreneurial de Léko a séduit Charles Kloboukoff, p-dg emblématique de l’entreprise spécialisée dans le bio, qui a été sensible à cette idée d’introduire une saine concurrence, propice à la pluralité des idées. Faire partie de l’aventure dès le début est aussi une motivation : « Nous montons à bord d’un avion qui se construit en vol. Avec la possibilité de co-construire un nouveau modèle, pourquoi pas de nouvelles filières, envisager de nouveaux bonus, en nous inspirant de l’expérience qu’a le groupe Reclay, à l’origine de Léko, dans les pays étrangers », ajoute Philippe Reutenauer. Toutes les pistes sont ouvertes : réemploi, biosourcés, petits emballages de cosmétologie, etc. «Notre souhait est de créer un pont entre les deux éco organismes pour qu’ils se complètent, dans un état d’esprit constructif », conclut-il.   

Club-Mate France milite pour la consigne et le réemploi 

Enfin, Club-Mate France, signataire de la première heure puisque membre du conseil d’administration de Léko, cherche de son côté à pousser plus avant le modèle de la consigne et du réemploi aux côtés d’acteurs déjà engagés dans cette cause. « Nous nous sentons plus accompagnés dans cette démarche, nous travaillons ensemble, c’est une nouvelle façon d’avancer collectivement pour créer un marché français de la consigne, explique Nicolas Dechambre, dirigeant de Club-Mate France. L’enjeu est de faire reconnaître nos initiatives, d’avancer sur des sujets majeurs comme celui de la TVA sur les bouteilles consignées qui ne sont pas récupérées. Il y a tout un écosystème à mettre en place. » Et beaucoup de questions restent à soulever comme l’affichage du prix en points de vente, consigne incluse, la création d’emballages standard, etc. La société mère de Club-Mate, en Allemagne, adopte déjà le système de la consigne, dans la droite ligne de ses engagements en faveur de la réduction de son empreinte carbone. « En six ans, elle a réussi à atteindre une production zéro carbone. Son unité de production est à 80 % auto-suffisante en électricité photovoltaïque. Elle complète avec un peu d’achat d’énergie verte en hiver », ajoute-t-il. En France, Club-Mate a déjà co-construit le réseau Consigne Ile de-France. Il est aussi membre du bureau national de la consigne hébergé par l’ONG Zéro Waste.

Par : https://www.processalimentaire.com/emballage/eco-organismes-ces-acteurs-de-l-agroalimentaire-qui-ont-choisi-leko?sso=1613387074