Posté par : Joël Cossardeaux – Les Echos – Journaliste

04.05.2021

L’éco-organisme dépendant du groupe allemand Reclay reprend pied en France sur le marché du traitement des emballages ménagers, jusqu’ici quasi-monopole de l’ex-Eco Emballages. La loi antigaspillage lui offre des opportunités.

salle de tri des emballages ménagers
En France, l’activité de recyclage des emballages ménagers est presque exclusivement l’affaire d’un seul éco- organisme, Citeo. (ROMUALD MEIGNEUX/SIPA)

Mis en veilleuse depuis 2018, un an après avoir reçu l'agrément de l'Etat en tant que nouvel acteur du tri et du recyclage des déchets d'emballages ménagers, Léko sort de sa léthargie. L'éco-organisme lié au groupe allemand Reclay, via sa filiale française Valorie, mise sur l'entrée en vigueur progressive de la loi anti-gaspillage en faveur d'une économie circulaire de loi (Agec) pour prendre enfin pied sur le sol français, où ce secteur d'activité est contrôlé presque exclusivement par Citeo, ex-Eco Emballages, l'opérateur historique créé en 1992.

Forts des éco-contributions de 150 metteurs sur le marché - des entreprises qui vont d'Epson à Lexmar (informatique) en passant par Kambly (biscuits) -, soit un volume de ressources de 2 millions d'euros, les dirigeants de Léko estiment avoir maintenant les moyens de passer à l'action. Mais les capacités de cet éco-organisme restent bien modestes au regard des 800 millions d'euros de fonds mobilisés auprès des entreprises et sur lesquels Citeo règne quasiment sans partage.

Concurrence constructive

En 2022, l'objectif de Léko est de décupler la mise, soit 20 millions d'euros. Prudent, Patrick Bariol, son directeur général, n'annonce aucune prévision au-delà. « Il ne s'agit pas de rentrer dans une concurrence commerciale agressive, mais constructive », assure-t-il aux « Echos ».

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L'ambition affichée de l'éco-organisme venu d'outre-Rhin est de contribuer à combler le fossé entre le taux de recyclage de 75 % des déchets d'emballages ménagers que la France vise depuis plus de dix ans, et ce qu'il est réellement, soit à peine plus de 70 %. Léko veut aussi se positionner sur les nouveaux objectifs de la loi Agec qui met la barre encore plus haut : 100 % de plastiques recyclés en 2025, réemploi des bouteilles plastiques, etc.

Un rôle de tête de pont

« Sur de nombreux sujets, nous démarrons au même niveau que Citeo et il n'y a pas une seule façon de faire les choses », indique encore le dirigeant de Léko. La stratégie poursuivie se fonde sur l'adhésion d'entreprises qui ont « l'économie circulaire dans leur ADN », telles que Recommerce (smartphones reconditionnés), Club-Mate (bouteilles réutilisables) ou encore RePack (réemploi des emballages).

L'idée est de fournir une tête pont à la maison mère Reclay et lui donner l'opportunité de développer en parallèle un ensemble de services payants aux entreprises, ceux que, par nature, Léko ne peut fournir en tant que structure à but non lucratif, comme tout éco-organisme en France. Hors de l'Hexagone, Reclay a déjà développé toute une activité de conseil, notamment en matière d'écoconception, de systèmes de consigne, de réemploi ou encore d'aide technique aux entreprises productrices de déchets d'emballages lorsqu'elles débarquent sur un nouveau marché.

Cible de choix

Ces services seraient fortement rémunérateurs, selon Patrick Briol. En Allemagne, le groupe (230 millions d'euros de chiffre d'affaires et 230 salariés) opère en concurrence frontale avec 9 entreprises privées sur les activités traditionnelles de recyclage.

Une concurrence qui l'a poussé à se diversifier pour dégager de nouvelles marges de profit. La France, compte tenu de ses nombreux retards et des contraintes fixées par la loi Agec pour les combler, constitue une cible de choix.

Par : https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/leco-organisme-allemand-leko-veut-battre-en-breche-le-monopole-de-citeo-1312326