Posté par : FRANCK STASSI 

20.07.2020

Arrêté en 2017 avant d’avoir commencé ses activités, l’éco-organisme Leko compte de nouveau s’attaquer à la filière française de responsabilité élargie du producteur dans le domaine des emballages ménagers.

C’est avec un conseil d’administration entièrement renouvelé que l’éco-organisme Leko tente de se remettre dans la course afin de concurrencer, sur le segment des emballages ménagers, Citeo (issu de la fusion d’Eco-Emballages et d’Ecofolio), en position de monopole depuis 1992. “Citeo a un peu changé depuis notre première tentative, mais la concurrence crée de l’émulation. L’étude faite au début de la préfiguration indiquait que 20 % des entreprises étaient favorables à la création d’un nouvel éco-organisme”, indique Patrick Bariol, nouveau directeur du développement de Leko, qui a rencontré cette situation sur le marché des déchets électriques et électroniques chez Ecologic.

En 2017, le groupe Reclay, qui exerce des activités d’éco-organisme en Allemagne, en Autriche, au Canada et en République Tchèque, avait obtenu un agrément en France pour la période 2018-2022. Sa filiale française Valorie agissait jusqu’alors seulement comme un cabinet de conseil et de formation en matière de filières de responsabilité élargie du producteur (REP). Malgré une intense campagne de communication, l’idée d’un deuxième éco-organisme sur les emballages ménagers (un marché estimé à 700 millions d’euros de chiffre d’affaires) n’a pu voir le jour. “A l’époque, l’agrément avait été décalé d’un an. Il fallait financer une équipe, sans revenus, un an de plus, et les actionnaires n’ont pas suivi. Aujourd’hui, la structure est plus petite”, précise Patrick Bariol.

Une organisation renouvelée

Dès lors, qu’est-ce qui motive Reclay à persévérer, tout en sachant que les éco-organismes sont en France des structures à but non lucratif ? “Contrairement à l’Allemagne, la motivation de Reclay n’est pas de gagner de l’argent avec cette activité. Les REP sont des filières difficiles à comprendre. Pour les gros producteurs internationaux, nous leur simplifions l’accès. Dans un premier temps, nous ne serons pas moins chers que Citeo et, lorsque l’on travaillera avec les producteurs, nous simplifierons les procédures autant que possible, en particulier sur les déclarations”, explique le directeur du développement.

Pour repartir, Reclay a revu l’organisation. A l’origine, les administrateurs étaient actionnaires. Aujourd’hui, le capital de l’entreprise est détenu par Valorie et les administrateurs disposent de 68 % des droits de vote. Laurent Berthuel, directeur général de Printerre, une entreprise adaptée spécialisée dans le reconditionnement de cartouches d’impression, assure la présidence de Leko. D’autres entreprises positionnées sur ce créneau “responsable” participent, telles que Living Packet, une start-up nantaise qui compte louer des emballages de transport, ou les boissons énergétisantes Club Maté dont les produits sont en bouteilles en verre consignées.

La priorité affichée, pour Leko, est de réunir le maximum de metteurs en marché avant, en 2021, de contractualiser avec des collectivités. L’éco-organisme sollicitera aussi un nouvel agrément afin de pouvoir pérenniser ses opérations.

Par : https://www.usinenouvelle.com/article/l-eco-organisme-des-emballages-menagers-leko-tente-de-revenir-dans-la-course.N986914