Posté par : Laurent Rousselle – Usine Nouvelle – Journaliste plasturgie, emballage et nouveaux produits

06.05.2021

Après une longue période d’inactivité et un faux départ, l’éco-organisme Léko est désormais prêt à marcher sur les plates-bandes de l’acteur historique Citeo. Il entend se faire une place dans la gestion des déchets d’emballages ménagers.

Face à l'acteur historique Citeo, l'éco-organisme Léko veut moderniser la filière de gestion de la fin de vie et du recyclage des emballages ménagers.  

Et de deux. Après Citeo, Léko devient le second éco-organisme à intervenir sur le segment des emballages ménagers en France. Se présentant comme une alternative à Citeo, l'acteur historique, l’entreprise qui dépend du groupe allemand Reclay, revendique la gestion des obligations de plus de 150 entreprises parmi lesquelles E. Leclerc, Zalando, Léa Nature ou encore Kambly. "Nous sommes persuadés que la mise en place d’une concurrence saine ne peut être que positive dans une recherche d’amélioration de l’existant", considère Arnaud Walter, contrôleur de gestion de Kambly en France.

800 millions d'euros à partager

Le rôle de Léko, comme celui de Citeo, consiste à financer la prévention, le tri et le recyclage des emballages grâce aux contributions des fabricants, importateurs et distributeurs de produits grand public. Le montant global de la REP (filière à responsabilité élargie des producteurs) est évalué à 800 millions d’euros. Selon un cahier des charges d’agrément, 85% de cette somme finance 80% des coûts de la collecte, du tri et du traitement des emballages ménagers supportés par les collectivités.

Atteindre un taux de recyclage de 75%

Parmi les actions annoncées, Leko souhaite améliorer le taux de recyclage. Ce dernier "plafonne toujours aux alentours de 70%, alors que la France s’est fixé l’objectif de 75% depuis plus de dix ans et vise 100% d’emballages plastiques recyclables, compostables ou réutilisables d’ici 2025", rappelle Leko, taclant, sans le nommer, l’acteur en place depuis 20 ans. "Du retard a été accumulé concernant le recyclage des plastiques pour lesquels la France se positionne en bas de classement des pays européens".

Réduire les emballages et simplifier le tri

Profitant d’un contexte en faveur du recyclage, porté notamment par la Loi antigaspillage et économie circulaire (Agec) de 2020, Léko espère profiter d’opportunités. Le nouvel éco-organisme mise sur le développement de la consigne, le réemploi des emballages, la vente en vrac (tous sujets abordés dans la nouvelle loi Climat) et l’écoconception pour réduire le volume des conditionnements. Il s’engage aussi à travailler en aval avec les acteurs de la chaîne afin d’améliorer la collecte et le tri. L’objectif ?"Que le consommateur ait enfin accès à des dispositifs de tri simples et harmonisés sur l’ensemble du territoire, à l’extérieur du foyer comme à domicile."

Considérer les spécificités des metteurs en marchés

Autre argument pour convaincre les entreprises de le rejoindre : Léko veut prendre en compte les spécificités de chaque metteur en marché."Nous souhaitons donner la parole aux entreprises contributrices et co-construire avec elles une approche qui prennent en compte leurs spécificités", explique Patrick Bariol, le directeur général, faisant référence au "système monolithique" auxquelles les entreprises doivent s’adapter malgré leurs particularités. "Les façons de déclarer, d’être récompensées pour leur efforts d’écoconception, ou encore d’accès à la matière qu’ils pourraient facilement réutiliser s’avèrent souvent inadaptées", relève Léko dans son communiqué.

Un guichet unique

Léko souhaite aussi simplifier les démarches liées à la gestion des obligations avec la mise en place d’un guichet unique. Pour Patrick Bariol, ancien directeur du développement d’Ecologic, éco-organisme agréé pour la filière des DEEE, "les déclarations de mise en marché sont extrêmement chronophages et donc coûteuses pour les producteurs. Le phénomène s’amplifie pour ceux qui doivent répondre aux obligations de plusieurs filières REP, qui plus est au-delà de nos frontières".

Nouvel agrément pour 2022

Avec cette annonce, Leko espère bien proposer une alternative durable à son concurrent issu de la fusion d’Eco-Emballages et d’Ecofolio. L’entreprise sollicitera, cette année, un nouvel agrément pour pérenniser ses opérations à partir de 2022. Créé en 2016 à l’initiative du groupe Reclay - qui exerce des activités d’éco-organisme en Allemagne, en Autriche, au Canada et en République tchèque -, Leko avait été agréé une première fois en France pour la période 2018-2022 mais n’avait pu exercer son rôle faute, notamment, de moyens financiers. "A l’époque, l’agrément avait été décalé d’un an. Il fallait financer une équipe, sans revenus, un an de plus, et les actionnaires n’ont pas suivi. Aujourd’hui, la structure est plus petite", avait précisé Patrick Bariol l’an dernier. La gouvernance de Léko est assurée par neuf administrateurs : six metteurs en marché (Lexmark, Livingpackets, Recommerce, Printerre, Club mate et Olover) et trois sociétés de conseil (le groupe Reclay, sa filiale Valorie et le cabinet indépendant CFSP).

Par : https://www.usinenouvelle.com/article/leko-enfin-pret-a-casser-le-monopole-de-citeo.N1090189